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Le toulousain de Gaillac part pour New York !

14 Sep 2010

Boarding for New York

Je pars

Voilà c’est fait: je viens de donner ma lettre de démission à mon boss actuel: je quitte OverBlog et pars louer mon temps de travail à une nouvelle boîte: FreshPlanet.

Début octobre, je serais donc un NewYorkais. J’en ai souvent rêvé, et le travail a payé: mon rêve est prêt de se réaliser.

Le déclencheur: Google

Mais ça n’a pas été simple ! Tout a commencé en avril 2010, quand un recruteur de Google m’a contacté par mon compte LinkedIn. Je partais alors en vacances en Martinique, et ai du reporter ma 1ère interview au retour de notre séjour. J’avais déjà eu un entretien avec eux des années auparavant, mais avais été recalé dès le premier: Palme de la loose: excusez du peu ! Cette fois-ci, je tins bon, et j’eu droit à… 3 entretiens téléphoniques en anglais avant que l’on me dise que je ne correspondais pas au poste: pas assez bon quoi. A ma décharge, mon profil partagé entre l’administration système et le développement m’a qualifié pour un poste au sein de l’équipe SRE de Google: Site Reliability Engineering, et le niveau est haut, très haut !

Bref: déception, pas de job chez Google pour moi. Déçu car depuis que Google a des bureaux à New York, j’avais toujours voulu y travailler, et même si le poste était pour Dublin, je m’étais convaincu que ce serait un premier pas avant de travailler à New York.

Comment vivre à New York

Vouloir travailler à New York, c’est bien ! Mais encore faut-il le mériter ! Certes, on peut partir en avion avec un visa de touriste, valable 3 mois, et y rester en travaillant pour de petits boulots au noir, en général dans des bars, en attendant que l’ICE nous reconduise à la frontière avec une interdiction de revenir pendant 10 ans… Les démarches sont simples, mais si on veut y vivre en faisant un minimum carrière dans l’informatique: c’est mort !

Le Bachelor

Ayant ce rêve dans le coin de ma tête; sans doute depuis que ma mère m’a mise une TV dans ma chambre; j’ai entrepris, l’été 2009, de m’inscrire au CNAM pour commencer des cours du soir, en vue d’obtenir un diplôme. Ayant un DUT, au rythme de 5 cours de 3 heures par semaine, et sans faire d’erreur de parcours, je pouvais espérer obtenir une Licence d’ici l’été 2010, quitte à ne plus avoir de vie. Septembre 2009: Inscription validée, et premiers cours.

La prospection

Après la prise de contact de Google, je me suis intéressé aux visas H1B, seul moyen permettant de travailler légalement aux USA, et je suis tombé sur un article stipulant qu’à cause de la crise de 2009, sur les 60000 visas de travail alloués chaque année, 30000 étaient encore disponibles. Merci la crise ! Grace à la magie du net, me voilà, dans mon lit, en train de regarder ce qu’il se fait à New York: quelles entreprises pourraient être intéressées par mon profil. Je n’en trouve pas des masses, mais j’en trouve. Les soirs suivants, je commence alors à m’abonner à Craiglist, à poser des questions aux groupes d’entrepreneurs New Yorkais sur les startups de la ville, et je commence à envoyer mon CV.

Premier contact, première poignée de mains

A force de spammer les boîtes New Yorkaises, je recois enfin un premier mail positif: une boîte trouve mon profil intéressant et m’invite à rencontrer leur CEO lors de leur passage à Paris. Rendez-vous pris, je prends mon billet d’avion et je rencontre l’équipe. Mr CEO trouve mon profil intéressant, mais n’a pas beaucoup de temps à m’accorder. Mais comme il investit dans une poignées de startups de New York, il me promet de faire passer mon résumé à ces dernières afin de réaliser mon rêve. Chose promise: j’obtiens donc mes premiers entretiens téléphoniques en anglais hors Google !

Nouveau CV, prospection niveau 2

Mince ! Y a peut-être une place pour moi dans cette ville ! En parallèle à mon travail chez OverBlog et à mes cours du soir au CNAM, je m’attelle à redorer ma vitrine avec l’aide de ma princesse, qui m’accompagne dans ma quête: nouvelle page d’accueil, nouveau CV, ajout d’un résumé à l’américaine, d’une cover letter et même d’un domaine dédié: iwannaworkinnyc.com. Je commence à arroser les startups de NY de mes compétences, et le retour est meilleur: on atteint presque les 1% ! Ca peut vous paraître faible, mais en commençant ma lettre par un “J’ai besoin d’un sponsor H1B” je suis déjà super content d’avoir un retour =)

Au pic de ma gloire, j’ai eu des entretiens programmés pour 5 startups simultanément. Les meilleurs retours sont venus des candidatures spontanées et ciblées, et du networking. A ce sujet je remercie Dwight Merriman et Fabien Penso qui m’ont mis en contact avec les bonnes personnes.

L’épreuve des entretiens téléphoniques

D’avril à août 2010, j’ai passé mes soirées sur Skype, ou sur mon calendrier en train de trouver une case commune avec l’agenda de mes interviewers ayant 6 heures de moins à la montre. En gros, je me rendais disponible tous les soirs de semaine de 22h à minuit pendant les cours, et de 18h à minuit quand les cours furent terminés. Le reste du temps, je me collais des design patterns, des data structures, et autres bachotages comme lecture de chevet. Comptez 5 entretiens par boîte hors exception, d’une heure en moyenne, en anglais, et sur des sujets allant de la technique très bas niveau jusqu’à la théorie pure, et ce sur tous les sujets qu’il m’ait été donné de côtoyer durant mes années passées devant des écrans. C’est clairement au-dessus de ce qu’on vous apprends en cours en France, impossible de s’en sortir sans avoir la curiosité de potasser des pavés de code soi-même. Les entretiens m’ont donc suivi ces 4 mois, jusqu’à la plage où, aux alentours de minuit, le baigneur côtoyait avec interrogation un jeune débile qui parlait à son mac sur la terrasse d’un café en bord de mer, le tout avec un accent anglais bien toulousain. Ouate de phoque !

Mais le ridicule ne tue pas, et ce qui ne tue pas… Bref: j’intéresse alors concrètement du monde, 3 startups en particulier, et je jubile quand j’entends la phrase magique, pour la première fois de ma vie (j’en ai la chair de poule de l’écrire): “We want to fly you out!” =~D

A noter qu’en plus de me payer l’avion et l’hotel, la startup en question a eu l’amabilité de me laisser 2 jours de battement afin que je passe des entretiens avec les 2 autres startups. Je commence à avoir la gaule rien que de savoir que je pourrais travailler avec des gens aussi cools !

Décollage pour New York !

Fin août, j’annonce à mon boss ma recherche d’emploi outre-atlantique et lui demande une semaine de congés: acceptée. Me voila donc parti pour un weekend de glandouille, suivi de trois jours d’entretiens. Si si je vous jure, j’ai pas mal glandouillé, et bouffé aussi, y a qu’à voir les photos !

Ces 3 jours d’entretiens furent intensifs, mais bizarrement, moins que les entretiens téléphoniques. Les problèmes étaient du même niveau, mais le fait d’avoir la personne en face et de pouvoir lui expliquer à nouveau lorsqu’on pense dire de la merde, ou lui demander de répéter lorsqu’on a rien pigé, tout ça facilite grandement les choses comparé aux entretiens téléphoniques. Là aussi, comptez entre 3 et 5 entretiens par boîte, soit une bonne grosse demi journée, et ce, sans pause. Vous avez intérêt à arriver reposé, mais de toutes façons, avec des journées pareilles, je m’endormais à 21h, levé à 6h!

Bien sûr, les entretiens terminés, comme par téléphone, on ne vous dit rien, et on vous recontacte dans quelques jours par mail. C’est frustrant les premières fois par téléphone, mais on s’y fait. Bonus cette fois-ci: la dernière journée les 2 premières boîtes veulent me revoir, et la dernière me fait une faveur et m’annonce que si je veux bosser pour eux, ils me gardent un bureau!

Je rentre avec la banane et dors comme un bébé dans l’avion… =)

Choix cornélien

De retour à Toulouse, j’annonce à ma belle la nouvelle: j’ai une place à New York ! Mais les jours suivants, tout s’accélère: une autre réponse positive, puis une autre ! Ça me change des entretiens téléphonique de Google. Je profite alors d’un weekend à Laguiole pour réfléchir aux opportunités présentées: difficile de garder la tête froide, mais on réussi à peser le pour et le contre de chacune, sereinement. Finalement je décide d’une boîte, d’un salaire, et j’en fais part au CEO de mon premier choix. Après quelques jours de discussion et de réflexion, on tombe d’accord. Je suis soulagé, mais je n’en ai pas encore fini!

Je couve encore ma licence

Mon nouveau boss me met donc en contact avec son avocat pour préparer mon dossier d’immigration pour obtenir un visa H1B. Problème: je viens de passer ma licence, mais mon expérience professionnelle n’est pas encore validée: pas de diplôme, pas d’équivalence pour un Bachelor, pourtant nécessaire au visa H1B. Les organismes conseillés par l’avocat n’ont pas d’alternative au diplôme, et il me reste une semaine pour monter le dossier !

Pas de panique, je cherche: je lis que la loi américaine autorise de faire passer 3 ans d’expérience professionnelle pour une année universitaire. Je trouve alors un organisme qui permet d’utiliser cette loi et commence à monter mon dossier d’équivalence: 5 contrats de travail, 2 diplômes et 3 feuilles de notes scannés et traduits plus tard, soulagé de queques centaines de dollars, je reçois enfin mon équivalence pour un US Bachelor of Science in Information Technology le vendredi soir: ouf ! J’envoie l’équivalence à l’avocate, et mon futur boss me téléphone pour me dire que le dossier devrait passer, soulagé.

To be continued…

Démission donnée, demande de visa envoyée, je me sens sur les rails. Je n’ai pas encore mon visa, mais ce n’est plus de mon ressort, et je peux enfin respirer.

J’écris avant tout ce texte pour dire à ceux qui ont un rêve similaire au mien que c’est possible. C’est pas simple, mais c’est possible. Il faut juste être un peu plus obstiné que la moyenne, un peu beaucoup même ;)

Je remercie mes anciens boss, mes parents, et ma petite fleur pour m’avoir soutenu dans cette aventure un peu folle: personne n’y croyait au départ, même pas moi, pourtant c’est fait, et ça ne fait que commencer.

Prochaine étape: la vie à New York ! Yes !

Comments

Cyril

tu déchire !

Severine

Quel parcours ! Tu etais bien modeste ce soir … Bravo en tout cas pour ta motivation et tes efforts. A bientot au prochain aperoblog.

Juakol

you are le mierderut

Dolce

ON attend la suite de tes aventures avec impatience !!

Gautier Portet

Wow. Juste BRAVO \o/

karine

bon ben cousin bonne chance dans cette folle aventure,c’est une super expérience pour toi,tu as réussi bravo!!! par contre je viens de voir tes photos question nourriture ça ne vaut pas la bonne cuisine française,hic.. bon courage à new york bisous ta cousine karine

4bsurde

Mazette ! Ca me rappelle quelque chose l’entretien Google :)

Un toulousain de moins, bonne chance à toi !

efusien

Yeah, c’est pas loin de Montréal tout ca… Je devrais bientôt visiter NYC. Si tout va bien ce sera pour octobre ;-)

ak

Je suis trop content pour toi :)

arapaho

Excellent ! Bon vent à toi